Tchad/Résistance Armée : Prendre son destin en main
L’année 2010 consacre les cinquante années d’indépendance du TCHAD.
Mais si nous, Tchadiens, faisons bien nos comptes, pendant ces cinquante ans dont on nous dit quelles auraient été de souveraineté nationale, notre pauvre malheureux, mais si grand et beau pays n’a connu que cahots, irrédentismes, agression de l'impérialisme extérieur, néocolonialisme et la françafrique, confrontations sanglantes, 20 années d'une dictature cruelle de MPS, peurs et paniques de populations, assassinats en tous genres, rebellions de toutes formes et de tous formats, ainsi que moult autres fléaux réducteurs et destructeurs qui ont - à raison - réduit et maintenu le Tchad dans le peloton de queue des pays les plus analphabètes, les plus incapables d’avancer, les plus réfractaires au développements et à la démocratie.
Triste et navrant classement pour ce pays pourtant si grand, si riche potentiellement, si avide de paix, si assoiffé de développement et de liberté.
Et comme si tout ce tableau n’était pas assez noir, ou peu glorieux, il se trouve que depuis les 20 dernières années, notre pays a pulvérisé tous les records de barbarie, de corruption, de gabegie, d’avilissement et d’émiettement sociologique sous la poigné féroce d’un régime sangunaire et sans scrupules qui est arrivé au pouvoir par la force des baïonnettes, et n’entend le quitter que les pieds devant.
Mais il faut aussi reconnaître qui, bravant la dictature, tenant tête à l’adversité la plus impitoyable, et faisant ainsi office de seule vecteur d’espérance pour un Tchad autrement gouverné dans le sens d’une réelle ouverture au progrès, au développement, à la liberté et à la démocratie, la Résistance Armée n’a pas plié l’échine.
Elle a résisté et résiste encore et toujours. Elle plie sous les coups les plus douloureux et les plus insupportables, mais elle ne rompt pas.
Car elle reste le seul antidote contre la violence systémique, les peurs collectives calcifiées, et l’unique véritable alternative pour notre pays dont les cinquante premières années d’existence internationale alignent plus de souffrances que de joies, plus de larmes que de sourires, plus d’échecs que de satisfactions, plus de mal que de bien.
Mais comme par une drôle d’ironie du destin, la proximité de la célébration de ce cinquantenaire au Tchad coïncide avec le premier simulacre de dialogue qu’aura entrepris le régime autiste et violent d’Idriss Deby.
Pour faire semblant d’engager le dialogue que lui impose la Communauté Internationale et les Bailleurs de Fonds avec les forces de la Résistance Armée, le Gouvernement inique en place à N’Djamena n’a pas trouvé mieux que de composer à la va vite une délégation composé de plus de « pères fouettards » que de diplomates.
Une bien piètre délégation qui n’était pas venue discuter sincèrement de paix et de concorde, puis qu’elle n’a fait que grogner des diktats et rouler des yeux face à une Résistance Armée qui n’exige, et n’a jamais voulu que la paix, la bonne gouvernance, la liberté et la démocratie pour le Tchad.
Il est donc évident et compréhensible que la trop stridente invitation qu’a lancée Idriss Deby à Khartoum, il y a quelques semaines, pour « le retour à la maison » des forces de la Résistance n’a jamais été sincère.
Et au moins pour la simple raison qu’il serait tout simplement suicidaire - et même incohérent - que ces patriotes qui ont sacrifié leur vie de famille, l’éducation de leurs enfants, et même leurs propres vies, rentrent à N’Djamena en remuant la queue comme des chiens satisfaits, en faisant ainsi fi de ces nobles idéaux qui ont sous tendu leur combat pour la liberté, tout simplement parce qu’une bande de caciques leur dit : « revenez et on verra ».
En effet, ces négociateurs acariâtres, ivres et impavides étaient venus de N’Djamena leur jouer la sinistre diplomatie du « à prendre sous condition ou à laisser ».
La Résistance Armée, malgré les vicissitudes qui la ballottent, a refusé de manger du pain empoisonné qu’était venu lui offrir à Khartoum un « médiateur National » qui parle de paix sans réelle conviction…
Elle persiste et signe qu’elle ne baissera jamais les bras ni les armes tant qu’un dialogue inclusif n’aura pas réuni toutes les forces vives du Tchad autour d’une table pour un nouveau Tchad ne se sera pas tenu.
La Résistance Armée n’abdiquera jamais - et pour rien au monde - tant qu’elle n’aura pas prouvé au peuple Tchadien qu’elle ne s’est pas battu, en sacrifiant tout ce qu’elle avait, pour rien.
La Résistance, plus que jamais et avec une pugnacité renouvelée, ne se rendra jamais, et ne ralliera pour rien au monde un régime inconséquent et obtus au nom d’une « PAIX » factice.
La Résistance Armée continue à prendre ses responsabilités. Elle n’y renoncera jamais. Elle sait que son destin, et l’avenir du Tchad, sont entre ses mains. Et elle ne lâchera pas. Jusqu’au bout : La patrie ou la mort !
La Rédaction de Tchadvision
