13/09/09

De De Gaulle à Sarkozy, la Françafrique se maintient


L’Histoire se répète-t-elle en Afrique ? Non, elle bégaie ! Les hommes passent, malheureusement la politique africaine de la France demeure. De De Gaulle à Sarkozy en passant par Giscard, Mitterrand et Chirac, la politique africaine de la France n’a pas pris une ride.


En Afrique, les expéditions militaires de la France ont cédé le pas à la diplomatie des réseaux. Deux chefs d’Etat de la France, François Mitterrand et Nicolas Sarkozy, ont particulièrement bercé d’illusions les populations d’Afrique par leur volonté de changement. La parenthèse Mitterrandienne ouverte le 10 mai 1981 s’était définitivement refermée le 8 janvier 1996. Comme par hasard, en Afrique le règne de François Mitterrand s’était achevé tel qu’il avait débuté : sur fond de corruption, de kleptomanie, de gabegie financière et de crise économique. En France le début de la décennie 80 avait marqué l’arrivé au pouvoir de la gauche qui n’avait pas eu des mots assez durs pour stigmatiser l’action Africaine de Giscard D’Estaing faite des coups bas et d’expéditions militaires. Cette période avait coïncidé avec l’apparition de la crise économique et l’application des premiers programmes d’ajustement structurel de triste mémoire pour les programmes sociaux en Afrique (santé, éducation, logement…). Naïfs, les africains pensaient que l’épopée mitterrandienne à l’Elysée allait laver à grande eau le pré carré franco-africain. Amer désenchantement ! En 2007, l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée a plongé les africains dans une sorte de remake de la politique africaine.

En effet, la politique africaine de François Mitterrand reposait sur des principes simples et, hélas, immuables. Nicolas Sarkozy et son mentor Jacques Chirac n’ont pas fait bouger les lignes. Les fondamentaux n’ont pas muté d’un iota. Le premier de ces fondamentaux : la perpétuation de la puissance en Afrique. Le second : la traditionnelle amitié franco-africaine soigneusement entretenue par les relations personnelles tissées entre l’Elysée et les dictatures au pouvoir en Afrique. L’ensemble constitue la fameuse Françafrique chère à Foccart et dont la relève est assurée aujourd’hui par Robert Bourgi (Le Monde, 30 Août 2009), Claude Guéant, Alain Joyandet, Joubert et des « pieds nickelés » tels Jacques Toubon et Patrick Gaubert.

Jean-Pierre Cot mis de côté

La réforme de la coopération franco-africaine tant prônée par la gauche et vivement attendue par les Africains a été très vite abandonnée au profit de la politique traditionnelle amorcée sous la colonisation. Jean-Pierre COT alors ministre de la coopération et cheville ouvrière de cette réforme, harcelé par l’Elysée, avait dû démissionner en 1982 à la grande satisfaction de l’hypocrite classe politique française ainsi que des dictatures africaines et au grand désarroi des populations africaines. Son remplacement par Christian Nucci, le héros du scandale « Carrefour du Développement » et bénéficiaire du vrai faux passeport, et l’influence sans cesse grandissante du fils du Chef de l’Etat Jean-Christophe Mitterrand avaient achevé de dissiper le rêve d’une autre politique africaine de la France. Jean Marie Bockel, l’homme qui souhaitait signer l’acte de décès de la françafrique, a dû céder sa place à Alain Joyandet à la demande illico presto d’Omar Bongo du Gabon et Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville.

Le camouflet de la Baule

Le second mandat de François Mitterrand s’était caractérisé par un nouvel échec en Afrique. Le discours de la Baule de 1990, intervenu tardivement et sur le bout des lèvres sous la pression des événements survenus à l’Est, se révélera un véritable camouflet pour les Africains. En novembre 1991, le sommet de la francophonie avait donné l’impression de regretter ce timide coup de pouce en faveur de la démocratie. Cette valse hésitation élyséenne profitera aux dictateurs africains. Sous l’ère Sarkozy, le double langage persiste et permet ainsi à Biya au Cameroun, à Eyadema fils au Togo, à Sassou au Congo-Brazzaville, à Ali Bongo au Gabon, à Déby au Tchad, à Kabila fils au Congo-Démocratique, à Dos Santos en Angola… de tirer leur épingle du jeu.

Rupture de la rupture

François Mitterrand avait donné en Afrique, l’impression d’être demeuré le ministre de la France d’Outre-mer de la IVe République. Les africains resteront marqués par la personnalité de Mitterrand. N’empêche que son action africaine fut contestable voire contestée. Comme un malheur ne vient jamais seul, l’élection présidentielle de mai 1995 avait fait de Jacques Chirac le principal héritier de François Mitterrand de sorte qu’après son départ, c’est sa néfaste politique africaine qui avait continué. En la matière, Nicolas Sarkozy n’a pas innové. Lui qui avait fait rêver les africains en plein jour en promettant de procéder au toilettage de la politique africaine. Le nettoyage au karcher n’a pas eu lieu. Sarkozy a rompu avec « la rupture ». Il a au contraire enfourché la monture de la Françafrique attelée par Foccart, montée par Giscard, Mitterrand, Chirac Jospin puis Sarkozy qui continue de la chevaucher. La mort de ce cheval a été plusieurs fois annoncée, en vain ! Exit Jean Pierre Cot, exit Jean Marie Bockel, exit Rama Yade ! Le thème du changement et de la rupture a fait un flope retentissant. L’ours de la françafrique continue de bouger !

Benjamin BILOMBOT BITADYS
Source : MwindaPress



 Entrez votre commentaire


Commentaire

françafrique
M.A. Abdou
mahakhou@yahoo.fr
Bien vu, hélas tél est la triste réalité. Il appartient au peuple africain de se débarasser de ses ennemis du développement et donc de leur bien être. Après cela, prendre l'exemple du Rwanda pour ce qui est de relation avec la France.


design & technology by fadinet.com